Publié le Centre Presse Aveyron Olivier Courtil

j molieres

 

Président de la chambre d’agriculture, Jacques Molières nous a accordé un entretien pour faire le point sur les problématiques de la "Ferme Aveyron", dans tous les domaines. Et parler des nombreux défis à relever.

Pénurie d’eau, inflation, énergies renouvelables, renouvellement des générations, loup ou encore vautour, tour d’horizon avec Jacques Molières, président de la chambre d’agriculture.


Quel regard portez-vous sur la situation agricole dans le département ?


L’agriculture aveyronnaise s’est bâtie sur un équilibre entre les Hommes avec des gens responsables, l’économie avec des exploitations à taille humaine et le territoire. On n’a pas fait n’importe quoi. Il faut garder cet équilibre, préserver cette mosaïque sur le territoire, l’agriculture aveyronnaise se porte bien, il y a plus mal ailleurs. Le challenge pour assurer l’avenir passe par le renouvellement des générations.Justement,

comment se porte l’Aveyron sur ce point ?


L’Aveyron est le premier département en termes d’installation. C’est un choix important de produire sur le sol pour le réserver aux animaux. Il y a du mieux avec quasiment un renouvellement sur deux exploitations. Mais il y a quelques sujets qui me dérangent. On parle d’organisation du travail avec la semaine à quatre jours, or les éleveurs aveyronnais ne savent pas ce que sait. La génération qui arrive, va avoir besoin d’une organisation de travail basée sur des actifs qui pourront aussi être remplacés. Il faut donc pousser au collectif par le biais de Gaec (groupement agricole d’exploitation en commun) ou de société, c’est le message que j’ai répété lors de l’inauguration de la Maison des Cuma (coopérative d’utilisation de matériels agricoles, NDLR) mi-septembre pour garder une agriculture à taille humaine.


Quelle est votre position concernant les énergies renouvelables ?


Je veux qu’on prenne en compte l’hydroélectricité. On produit en Aveyron trois fois plus ce que l’on consomme, c’est le point fort du département. Montézic est un exemple en France, c’est la deuxième station de transfert d’énergie par pompage (Step), on peut la doubler, on ne le met pas assez en avant, on ne pousse pas assez en Occitanie. Concernant l’éolien, il y a 160 machines installées en Aveyron, deuxième département d’Occitanie, c’est pas mal. Il faut un cadre pour ne pas faire n’importe quoi car il n’y a pas d’avis conforme, le préfet peut déroger à la règle. On a tendance à faire des mâts de plus en plus haut, il faut se calmer.J’avais proposé de prendre dix fois la hauteur du mât pour voir les effets dans le rayon, cela réglerait des problèmes, notamment dans l’Ouest-Aveyron. Quant au photovoltaïque, la position est très claire, il y a encore de la place sur les toits agricoles, industriels, des collectivités, le problème est que la connexion n’est pas encore réglée par EDF et RTE n’est pas en capacité de transporter toutes les énergies. En revanche, on ne veut pas de photovoltaïque au sol pour réserver la production agricole et maintenir l’élevage. Il ne faut pas banaliser le département, il faut garder une agriculture de qualité. Si on plante du photovoltaïque partout, on va perdre l’attractivité touristique qui est la deuxième économie du département, les gens viennent pour Soulages mais aussi pour les paysages. Cette position est commune avec le Département. En termes d’énergies renouvelables, on a des leçons à recevoir de personne.


La commune dont vous êtes maire, Montbazens, abrite le plus gros projet de méthanisation qui est à l’arrêt. Qu’en pensez-vous ?


C’est compliqué à démarrer. Je suis réservé sur l’unité de Montbazens comme les autres gros dossiers en Aveyron, à savoir sur l’Aubrac et celui de Bozouls dont la chambre d’agriculture a voté contre (la préfecture a donné le feu vert au projet au début de l’été, NDLR). Il faut que cela reste des outils de territoire et j’ai peur que cela devienne à terme, des outils industriels où l’agriculteur n’aura plus son mot à dire. Les agriculteurs demandent de tomber à 5 % l’utilisation de cultures intermédiaires dans le méthaniseur, aujourd’hui on peut aller jusqu’à 15 %, c’est trop.
Certains détournent les affaires sur des petits méthaniseurs en appelant des Cive (culture intermédiaire à vocation énergétique). J’ai découvert des Cives de printemps, c’est-à-dire avec l’utilisation de maïs, il faut qu’ils arrêtent ces conneries. Il faut de la cohérence. Je suis plus réservé aujourd’hui sur la méthanisation.

 

Regrettez-vous ce projet dont le montant s’est élevé à 23 M€?


Je ne regrette pas mais il faut tout faire pour que cela reste un projet de territoire, rester à taille humaine. On ne peut pas mettre en l’air l’outil, il y a eu des erreurs de maîtrise d’œuvre, il faut revoir la conception, remettre de l’argent autour de la table est sans doute la moins mauvaise
solution. Le mieux est de mettre un méthaniseur au “cul de la stabulation”, en autonomie, éviter les transports. Le problème de Méthan’Aubrac est l’absence de lisiers et de fumiers toute l’année, il faut aller chercher de la nourriture pour le méthaniseur dans toute la région, on n’est plus dans l’écologie.


Face à la pénurie d’eau, vous aviez annoncé « vous mettre au boulot » sur les capacités d’irrigation avec un appel à projet pour des petites retenues, où en êtes-vous ?


On est sur une réflexion globale avec le Département, l’État, l’agence Adour Garonne suite à la sécheresse de 2022. Je pense que la solution est de faire une grosse réserve pour alléger la pression sur les lacs. J’espère acter cette réserve et je suis favorable pour annoncer le lieu début
octobre. Cette réserve sera bien intégrée au territoire sans risque de polémique qui servira à l’irrigation, au tourisme et à la solidarité pour d’autres départements. Je suis d’accord quand on lâche 5 millions de m3 de Pareloup cet été pour l’eau potable à Montauban et refroidir la centrale nucléaire de Golfech, on fait notre part de solidarité, mais le premier débat sur l’eau est l’économie. En ce sens, il est prévu d’ouvrir incessamment une deuxième usine avec le syndicat d’eau de Montbazens-Rignac à Lassouts.
On peut aussi imaginer une Step comme celle de Montézic à Pareloup. Cela permet de stocker l’eau car l’eau continuera à tomber autant mais différemment dans l’année. Tout est à bâtir.Les petites réserves de moins de 50 000 m3 sont soumises à déclaration, c’est une bonne chose, c’est moins onéreux, maintenant il faut référencer ces réserves et trouver des solutions pour le financement.


Quelles sont les pierres d’achoppement sur le plan agricole ?


Les stocks sont faits normalement. Le plus ennuyeux pour l’élevage porte sur les prédateurs. Il faut réguler la population du loup. L’agriculture aveyronnaise est basée sur l’équilibre, en France, on n’a pas la notion d’équilibre. On n’a jamais demandé l’extermination du loup comme du
vautour, on demande un retour à l’équilibre pour vivre décemment. La chambre d’agriculture a demandé des tirs d’effarouchement sur le vautour, ce n’est pas encore refusé. Je dois rencontrer la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et le préfet de Région prochainement sur ce sujet. Cela pourrait être autorisé sous certaines conditions, de manière que l’éleveur puisse travailler sereinement.
Ma crainte porte aussi sur la hausse des prix. La variable d’ajustement était toujours l’acte de production qui reste le parent pauvre. Quand j’entends le ministre dire « qu’il faut revenir au panier de la ménagère », je ne voudrais pas que la variable d’ajustement soit de nouveau la production. On a invité le ministre de l’Agriculture, on va voir s’il va venir.Sur le plan sanitaire, on assiste à un retour de la fièvre catarrhale ovine.

 

Que préconisez-vous ?


Il faut rester prudent, gérer en bonne intelligence, inciter à vacciner. C’est une petite crise, 250 élevages sur 5 000 élevages, ce n’est pas alarmant. Il ne faut pas que l’on verrouille les frontières pour les exportations, il y a d’autres départements bien plus touchés qui en parlent moins, et de rappeler qu’il n’y a aucun risque sur le plan humain.


Repartez-vous en 2025 à la tête de la chambre d’agriculture ?


Non, cela fera quinze ans, il faut savoir s’arrêter. Je ne nommerai pas mon successeur, je l’aiderai s’il a besoin. On en parlera en 2024.
La chambre d’agriculture de l’Aveyron est l’une des plus importantes de France car elle a des prestations de service qui font 13 M€ de chiffre d’affaires dont 5 M€ avec l’élevage. Il faut donc être en contact direct avec les éleveurs, garder cet équilibre, à taille humaine. Quand j’entends
le diktat de Paris qui met au même niveau l’agriculture de la Marne et de l’Aveyron, on marche sur la tête.

On pilote la France avec des statistiques. C’est le problème du centralisme, on le paye, c’est idiot.

On oublie l’intérêt général. 


Repères
13 M€ de budget
167 salariés
7 637 exploitations dont 3 117 sous signe officiel de qualité
791 exploitations laitières
10 641 chefs d’exploitation
1 414 salariés agricoles
2 000 Gaec
157 installations en 2022
160 286 vaches allaitantes
503 697 brebis laitières
105 357 brebis viandes
174 410 truies
46 762 chèvres
27 % de l’élevage d’Occitanie provient du département.
1er département ovin de France,
1er département bovin d’Occitanie.
3e département de France en bio avec 13 % des surfaces, près de 900 exploitations
250 élevages sur 5 000 touchés par la fièvre catarrhale ovine.

Publié le   La Dépêche du midi

rosières15092023

L’association SOS Ségala Nature, opposée à l’implantation des méthaniseurs sur les communes de Monestiés, Rosières et Sainte-Gemme a réuni une centaine de personnes tout récemment dans la salle de fêtes de Rosières.

Après avoir donné l’historique de l’association, vidéo à l’appui, le président de l’association SOS Ségala Nature, Marc Hubaut, a relaté les multiples actions du collectif tels les envois de courriers au préfet du Tarn, sans réponse, à la Communauté des communes, pour dénoncer la dangerosité du choix aberrant du site trop pentu, la pollution du Cérou garantie, les nuisances que va engendrer sur Rosières ce méthaniseur, risques d’incendies, fuite du gaz méthane, accidents personnels etc.

Sans oublier l’impact du passage des camions sur les routes de Valderiès, Saussenac, Valence d’Albi etc. "Pour le collectif, le recours contentieux est actuellement la seule issue pour stopper les travaux, explique le président Marc Hubaut. Car dans le contexte actuel, notre dossier doit être déposé avant le 21 septembre date butoir et pour le collectif de Monestiés qui dépose également un recours contentieux le 8 octobre. Nous avons donc pris un rendez-vous avec un avocat, sinon la construction du méthaniseur peut commencer sur Rosières." D’autre part, la commune de Rosières attaque le projet au tribunal administratif au niveau de la voirie.

Une cagnotte est déjà lancée en ligne pour aider SOS Ségala Nature à faire face aux frais aux frais d’avocat. Pour rappel, après les communes de Le Garric, Moularès, Tanus, celui de Sainte-Gemme a été abandonné. Le bureau de SOS Ségala Nature est composé de Marc Hubaut président, Jean-Baptiste Poisson comme secrétaire, Jean-Louis Diaz comme secrétaire adjoint, Christian Cathala en tant que trésorier et Agnès Armesto au poste de secrétaire adjointe.

 

 

Vertueuse, circulaire, verte, bio, c’est ainsi que les médias, les lobbies et certains politiques nous présentent la méthanisation.
Ils ne nous parlent jamais des déchets qu’elle produit. Ils le nomment « digestat », le qualifient d’excellent amendement, d’engrais vert, d’engrais naturel pour les terres agricoles sur lesquelles il est de plus en plus et très largement répandu.
Epandre les déchets issus de la méthanisation qu’elle soit agricole ou industrielle n’est pas sans danger pour les exploitations elles-mêmes et pour les consommateurs, comme le prouve une étude parue en février 2023, qui alerte sur le sujet.

   publié par

journal

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m fournier

      Michel Fournier

 

Valeurs actuelles. Qu’est ce qui vous dérange dans la méthanisation ?


Michel Fournier. La méthanisation ne me dérange pas en soi, ce qui me dérange ce sont certaines pratiques qui se font autour. Pour faire fonctionner ces usines de méthanisation, nous assistons à un excès d’apport de matières vertes alors que ces unités devaient essentiellement se nourrir à partir des résidus de type fumier ou d’effluents d’élevages.

Cet apport végétal vient souvent du maïs, qui n’est cultivé que pour remplir ces usines.

D’un bien fondé à produire de l’énergie verte, nous arrivons à une déviance. Car ce maïs, on va le chercher de plus en plus
loin, avec des engins très puissants de gros tonnages. Les chemins ruraux en pâtissent, la sécurité sur la route est même impactée, car les véhicules ont tendance à rouler à trop grande vitesse.

Ça devient un réel souci en milieu rural.


Pourquoi un tel engouement vers cette nouvelle forme d’énergie dans le monde rural ?


La raison de tout ça, c’est un aspect financier. Un hectare de maïs cultivé pour la méthanisation va avoir une valeur bien supérieure que s’il était utilisé pour l’alimentation du bétail par exemple. Ce maïs qui va directement dans la méthanisation va rapporter jusqu’à trois fois plus que s’il était utilisé pour autre chose.


Cette nouvelle forme de culture pose-t-elle un problème ?


Cela ne me semble pas cohérent que la terre, qui est faite pour nourrir une population, soit détournée ainsi, à une époque où nous manquons de productions dans beaucoup de domaines, que ce soit dans les fruits et les légumes par exemple. Nous sommes déficitaires en matière de production alimentaire, ce qui est incroyable dans un pays comme la France et ce détournement de l’utilisation de la terre entraîne des interrogations chez les producteurs.


Peut-on parler d’une réelle explosion des usines de méthanisation en monde rural ?


Les usines se multiplient sans aucune concertation, ni organisation. Un groupe d’exploitants peut facilement mettre en place une méthanisation. Il peut même y avoir deux unités l’une à côté de l’autre. Nous assistons effectivement à une forme d’explosion et cela gêne les élus. Ces unités utilisent des surfaces qui ne sont pas sujettes à une imposition quelconque.

A titre de comparaison, une même surface occupée par une importation industrielle ou commerciale classique va payer une taxe foncière, alors qu’une occupation dédiée à la méthanisation ne payera rien.

C’est complètement inégal. Je constate également que les communes sont soumises à des restrictions de bâti, mais étrangement pas pour ce genre d’infrastructures liées à la méthanisation.

Certes, les investissements sont lourds pour ces installations, mais quand on voit le nombre de réalisations qui existent, on se doute que le retour sur investissement est bien réel. Les petites unités sont subitement devenues très grosses alors que la potentialité n’a pas augmenté localement.

Et ça va malheureusement continuer. Ça veut dire que ce n’est plus une affaire de traitement de déchets, mais bien une affaire financière.


Que peut faire le maire ?


Le maire n’a aucun pouvoir là-dessus. Les exploitants sont bien structurés, ce sont des indépendants qui s’installent comme ils le souhaitent. Ce qui dérange les maires ruraux c’est qu’il va y avoir beaucoup d’exploitations agricoles traditionnelles qui vont s’arrêter par manque de recettes.

Une spéculation de cette terre disponible va se faire au profit de la rentabilité qui s’orientera vers de la méthanisation.

Je connais beaucoup de maires qui s’interrogent sur cette réalité.

Nous ne sommes pas contre la méthanisation, mais sur un équilibre.

Or, on part sur des installations qui entraînent déjà des déséquilibres économiques mais aussi écologiques car le résidu des usines, le digestat, commence à inquiéter les agriculteurs en raison du nitrate qui appauvrit les sols.


Jusqu’à quel point le monde rural peut-il être impacté ?


La modification des cultures existe déjà. On voit les surfaces de mono-culture exploser dans les campagnes pour cultiver uniquement du végétal pourtant très consommateur en eau. Alors qu’on nous parle régulièrement de faire des économies en eau, je trouve que nous sommes dans la contradiction la plus totale.

Quand je repense à l’été très chaud que nous avons eu et les prochains qui vont arriver, je me dis que le monde agricole est très concerné
par le réchauffement climatique. Si tout est sec pour nourrir les bêtes avec du foin parce que tout est brûlé et qu’à côté se développe de la culture pour nourrir de la méthanisation, on peut à terme arriver à un risque de conflits intra-professionnels. Et nous risquons d’arriver à cette impasse pour de l’argent gagné trop facilement.


Avez-vous évoqué vos craintes au gouvernement ?


Les ministères intéressés semblent découvrir la situation et évoquent la surprise alors qu’ils sont concernés en premier lieu. C’est étonnant. Pour l’instant, ils s’interrogent…


Comment sortir de cette situation ?


Le prix du lait qui permet de faire vivre un agriculteur est trop peu valorisé, alors que le prix de l’électricité est très valorisé, en particulier pour de l’énergie renouvelable. Il n’y a pas 50 solutions, il faut faire en sorte qu’il n’y ait pas de concurrence disproportionnée entre le fait de produire de l’alimentation ou de l’énergie. L’énergie dite verte est aujourd’hui super subventionnée, comme ne l’est pas la production agricole classique et ça joue sur le prix du lait ou de la viande par exemple.


Que préconisez vous ?


Il faudrait mieux rémunérer les produits agricoles pour l’alimentation en France, mais on ne fait pas ce choix car nous préférons subventionner de l’énergie verte. L’Etat a sa part de responsabilité, tout comme le consommateur qui cherche trop souvent le produit le moins cher, sans tenir compte de la provenance des produits.

Toutes les publicités de la distribution clament « le moins cher », or il faudrait « le juste prix » !

Nous sommes dans le moins-disant dans la production alimentaire alors qu’il faut le mieux-disant.

 


Pourquoi les médias traitent- ils assez peu de cette dérive de la méthanisation ?


Ce n’est pas connu du grand public en effet, et je pense que malheureusement beaucoup de monde s’en désintéresse…

Pour un aéroport, on trouve des révolutionnaires de tout ordre réagir ou des zadistes faire des kilomètres, mais pour ce problème là qui n’est jamais repris par les médias, je n’entends pas grand monde.

C’est pour cela que j’ai aussi envie de dénoncer ces abus.

Il est grand temps de les révéler.

 

 

dm12marsag

SOS SEGALA NATURE

en Assemblée Générale

à Monestiés

        article de la dépèche du Midi du 12 mars 2023

 

La première assemblée générale de l'association SOS Ségala Nature, qui regroupe les collectifs de Monestiés, Rosières et Sainte-Gemme opposés aux lieux choisis pour I'implantation des méthaniseurs, s'est tenue récemment à la salle Jean-Jaurès de la mairie de Monestiés.

Environ 90 personnes étaient présentes dont trois élus de la commune.

Flle a débuté parla présentation d'une vidéo retraçant I'historique des projets, depuis celui avorté du Garric, I'annonce des trois nouveaux sites en juillet 2022 et les actions menées depuis pour informer les habitants.

La discussion a ensuite porté sur les sites retenus, les participants exprimantleurs inquiétudes (voiries, paysages, terrains instables, menaces sur l'eau...).

 

Le bureau de SOS Ségala Nature est composé de Marc Hubaut président,Jean-Baptiste Poisson secrétaire,Jean-Luc Diaz secrétaire adjoint, Christian Cathala trésorier, Agnès Armesto secrétaire adjointe

 

sossegala

SOS Ségala Nature a tenu sa première assemblée générale

Lettre ouverte au Préfet du Tarn


Les collectifs de Monestiés, Rosières et Ste-Gemme, opposés aux lieux choisis pour l’implantation des unités de méthanisation, ont écrit au préfet.


Un courrier des collectifs de Monestiés, Rosières et Sainte-Gemme a été adressé au Préfet du Tarn. Il souligne le déni de démocratie qui caractérise la préparation des projets d’unités de méthanisation.

 

Voici des extraits :

 

« alors que les porteurs de projet prétendent, dans leurs documents de communication, appeler leurs concitoyens à « l’échange avec les agriculteurs », la première réunion d’information qui s’est tenue le 1er décembre 2022, a été la parfaite démonstration du refus total de discussion et de concertation.


Elle a consisté en trois heures d’informations à sens unique et quand la parole a été donnée aux participants, toute demande d’information et toute expression critique ont été empêchées par des comportements extrêmement houleux de la partie du public favorable aux projets présentés, via des vociférations et des agressions verbales caractérisées.

Ces pratiques d’intimidation n’ont pas semblé émouvoir les responsables politiques et élus présents à la tribune

(M. Bonnecarrère sénateur, M. Somen président de la 3 C, M. Bousquet maire de Carmaux et président de Oya).

Silence assourdissant de M. Marty, maire de Monestiés et président du Pôle des Eaux : aucune réserve quant à l’installation d’un méthaniseur à Ste-Gemme près du barrage de Fontbonne, ni d’un autre près de son village classé.

Seul, M. Astié, maire de Rosières, a émis des objections concernant sa commune.


Mme la représentante de la Préfecture est intervenue en fin de réunion pour indiquer que, sur ces projets « en déclaration », le rôle de la préfecture est uniquement de vérifier que le dossier est complet.

Nous ne pouvons nous contenter de ces dérobades. La concertation sur de tels projets est pourtant censée être la règle.

Nous en appelons à une réelle concertation (élus, agriculteurs porteurs de projet ou non, collectifs) pour la recherche de sites appropriés... »


D’autre part les collectifs de Monestiés* et de Sainte-Gemme ont également envoyé à M. le Préfet du Tarn les signatures de leurs pétitions respectives (pour Monestiés 704 dont 525 émanent d’habitants résidant dans la commune et une cinquantaine d’autres de zones impactées : Combefa, Labastidette).

 


Les collectifs de Monestiés, Rosières et Sainte-Gemme


*Copie adressée au président de la 3CS


    publié le 30/12/22 Le Tarn Libre

 

 

 

 

depeche4dec

 

La salle du Puech de la Joie à Carmaux n’était pas de taille, jeudi soir, pour accueillir les plus de 200 personnes venues s’informer sur le projet d’implantation de trois méthaniseurs à Rosière, Monestiés et Sainte-Gemme.

Les 30 agriculteurs, associés dans "Aimer le Ségala", organisaient leur première réunion publique d’information sur un projet dans les cartons depuis 2012. Les tentatives d’implantation au Garric, à La Croix de Mille et à Moularès, n’ayant pas abouti, Bernard Ducros, agriculteur à Monestiés, principal porteur du projet avec Christophe Rieuneau, exploitant à Sainte-Gemme, ont opté pour trois unités de méthanisation sur ces trois sites.

"Les plus petites unités de France. Nous sommes des fermes familiales, nous ne voulons surtout pas devenir énormes et nous voulons vivre ensemble" a insisté Bernard Ducros face à la bronca de riverains très remontés.

Le projet  prévoit trois installations identiques sur 900 m2 au sol, avec 2 cuves de 28 m de diamètre, 8 m de haut avec dôme de7,5 m, une cuve de réception couverte, bâtiment de stockage fermé avec installation photovoltaïque et bassin d’orage au-dessus (réserve incendie).

Objectif, traiter 30 tonnes de déchets végétaux et d’élevage par jour et par méthaniseur.


"On veut faire un truc propre"

Pour cette première présentation officielle, les agriculteurs d’ "Aimer le Ségala", avaient soigné le casting. Côté préfecture, la directrice départementale de la protection des populations Lucie Vidal est venue promettre transparence et contrôle des installations.

Le sénateur Bonnecarrère était là pour rappeler les engagements de l’Europe et de la France, entre autres en matière d’énergies renouvelables (40 % d’ENR d’ici 2030).

Des précautions oratoires qui ont eu l’heur d’exaspérer un public qui aura attendu près de 2 h avant qu’on lui dise où et comment seraient les méthaniseurs. Et une heure de plus pour poser des questions.

La présentation technique de Denis Tillier, du bureau d’études Vertigo ENR, architecte de projets biogaz, se voulait complète et surtout rassurante., insistant sur le respect, pour chaque méthaniseur construit, d’un arrêté ministériel et de l’usage exclusif de déchets végétaux et d’élevage.

"On veut faire un truc propre" a martelé Jean-Louis, agriculteur à Cagnac.

"Ce n’est pas le problème, le problème, c’est l’implantation. Les méthaniseurs, on n’a rien contre, mais pas là" a rétorqué haut et fort une habitante de Monestiés, résumant l’inquiétude de beaucoup de voir leur habitation dévalorisée.


"Se mettre autour d’une table"

"On peut les déplacer, hors d’une zone vulnérable… Il faut se mettre tous autour d’une table et chercher", veut croire Patrick, membre du collectif Gaïa opposé à l’implantation d’un méthaniseur à Ste-Gemme, sur le bassin-versant concernant les réserves d’eau potable de la Roucarié et de Fontbonne.

Denis Marty, maire de Monestiés et président du syndicat des eaux, aura observé un prudent silence tandis que l’oscar de la transition diplomatique revenait à Didier Somen, président de l’intercommunalité, pour qui "Il faut mettre en place des méthaniseurs qui ne posent pas de problèmes".

Alain Astié, maire de Rosière, a fait savoir haut et fort qu’il ne mettrait pas de chemin communal à disposition des partisans du méthaniseur.

Le projet de Monesties est le plus avancé, le permis de construire devant être déposé début 2023.

Pour celui de Sante-Gemme, les études de terrain ne sont pas terminées.

Pour l’heure, aucun dossier de déclaration n’a été déposé en préfecture. "On n’est pas là pour se faire une guerre" a tenu à préciser Bernard Ducros.



Trois installations  de 15 m de hauteur


MONESTIES. Chez Bernard Ducros à la Bouysse, à moins de 5 km du réseau de gaz, à 275 m d’un cours d’eau, 1re habitation à 300 m, cuves enterrées à 1,70 m.

Trafic routier prévu (18 t), maximum 7 aller/ retour par jour par voies départementales.

ROSIERES. Chez Gabin Assié près de la voie rapide et du site de la Drire en zone boisée en contrebas, à 210 m des premières maisons, cuves enterrées à 2 m. Trafic prévu, maximum 6 aller/retour par jour sur par la route de Valdériès, l’échangeur et la route de la Drire.

STE-GEMME. Chez Christophe Rieuneau, à 500 m en contrebas du village et de son exploitation (parcelle AO753), à 70 m et 90 m des cours d’eau, 245 m des maisons du Mas. Trafic prévu 5 aller/retour par jour par la voie départementale des Farguettes. Le projet nécessiterait la création d’une zone de croisement au Pont de la Gardette.

 

article la dépèche du 4 décembre 2022 Martine Lecaudey

 

 

 

                     Article du Tarn Libre

non rosieres

 Après avoir été reçus le 27 octobre par le conseil communautaire de la 3CS, les trois collectifs ont décidé de travailler ensemble et de mener des actions communes (Cf notre édition du 4 novembre). 

Vendredi 18 novembre, les membres des trois collectifs, une cinquantaine, se sont retrouvés à la salle de la mairie de Rosières. Ils ont décidé de créer une association regroupant les membres des trois collectifs pour s’opposer aux lieux d’implantations jugés aberrants. Situés à proximité des habitations, dégradant l’environnement, ils présentent une menace pour la qualité de l’eau sur le Carmausin. D’autre part, jeudi 16 novembre, quatre membres du collectif de Monestiés ont participé à la visite d’une unité de méthanisation à Gorses dans le Lot apparemment équivalente à celle de Monestiés. La visite était organisée par le Pôle Territorial de l’Albigeois et des Bastides et l’association « Aimer le Ségala ». Pour les représentants du collectif, elle les conforte dans leur opposition aux lieux prévus notamment « au vu des dimensions impressionnantes de cette usine ».

 

 Le Tarn Libre du 27/11/2022

 

  

   Bilan des actions du collectif contre le méthaniseur

 

Quand les Rosièrois ont appris il y a quatre mois qu'un projet de méthaniseur était à l'étude sur leur commune, il a été décidé de créer un collectif.

A ce jour, trois cents signatures contre ce projet ont été collectées.

Le collectif a informé par courrier Didier Somen, président de la communauté de commune de son opposition à l'implantation d'un méthaniseur.

Le 18 octobre, Alain Astié maire de Rosières, au nom du conseil municipal a affirmé son opposition concernant le lieu d'implantation de cette usine à méthane.

Un courrier a été adressé au préfet, expliquant les raisons du refus de cette installation à Rosières ainsi que les problèmes que celle-ci engendrerait :

risques de pollution de l'eau et de l'air, risques d'accident, dégradation de la voirie, nuisances sonores relatives au trafic de véhicules lourds.

Pollution visuelle, pollution olfactive rapport au stockage et au transport massif de déchets vers cette usine.

Quels contrôles et quelle maintenance de cette usine?

Quel respect du cahier des charges concernant le trafic et le tonnage des véhicules relatifs à cette exploitation ?

Quelles conséquences sanitaires sur la population ?

Quels recours et quelles procédures en cas de sinistres et de litiges ?

 

Les élus et le préfet ont été informés que la société porteuse de ce projet n'a donné à ce jour aucune information publique.

Pourtant, le projet avance !

Dernièrement, une entreprise est venue réaliser une étude de sol, tandis qu'une autre est venue vérifier le métrage nécessaire à la conduite de gaz.

Force est de constater que ni la concertation citoyenne, ni le processus démocratique ne sont respectés.

 

Aussi les membres du collectif proposent aux Rosiérois de les rejoindre pour s'opposer à ce projet qui va dégrader leur cadre de vie et leur environnement, au profit de quelques intérêts privés.

 

Le collectif de Rosières

contre le méthaniseur

 

 

 

L'annonce d'un nouveau projet de méthaniseur dans le Carmausin a suscité l'inquiétude des riverains concernés. Ses promoteurs lancent une campagne de communication pour faire entendre leurs arguments.

Un nouveau projet de méthaniseur est en cours d'étude dans le Carmausin, porté par un collectif de 30 éleveurs du Ségala. Après une première tentative d'implantation au Garric en 2019, qui avait suscité une levée de boucliers des élus et riverains, les porteurs du projet ont revu leur copie et travaillent sur la communication, à l'aide du cabinet de conseil Acthuel, pour faire entendre leurs arguments. 

D'abord sur la taille du projet. Alors qu'au Garric un seul méthaniseur était prévu, le collectif d'éleveurs, réunis sous une structure appelée "Aimer le Ségala", mise désormais sur la création de trois unités plus petites, à Monestiés, Sainte-Gemme et Rosières, installées sur leurs propres terrains, afin de limiter les transports. Car les riverains s'inquiètent d'un incessant ballet de camions sur les petites routes, entre le méthaniseur et les exploitations agricoles. Ils craignent aussi le bruit de l’installation, les odeurs et le risque de pollution des eaux.

 

De leur côté les éleveurs mettent en avant l'apport du projet pour la production énergétique locale, le biogaz produit grâce aux effluents d'élevage devant ensuite alimenter les foyers du Carmausin. Le résidu de matières organiques, appelé «digestat», doit par ailleurs être utilisé par les éleveurs pour fertiliser leurs champs.

Les porteurs du projet jouent enfin la carte de la transparence, s'engageant à mettre à disposition des élus et riverains "toutes les informations nécessaires à la compréhension du projet, dès que ces dernières auront été produites par les cabinets d'étude indépendants". 

Des réunions d'information et une visite sur un site similaire sont prévues à la rentrée. Suffisant pour convaincre les riverains opposés au projet, eux aussi réunis en collectif à Monestiés ?

 

Le projet d’implantation de trois unités de méthanisation à Monestiés, Rosières et Sainte-Gemme, porté par des agriculteurs, suscite des inquiétudes grandissantes.

 

Les élus de la commune de Monestiés ont majoritairement émis un avis défavorable au projet d’implantation d’une unité de méthanisation à La Bouysse, proche du village, lors d’une réunion tenue le 24 août dernier.

Le maire Denis Marty a informé mardi 30 août Bernard Ducros, l’un des porteurs du projet et propriétaire du terrain. « Il s’agit d’un projet privé sur un terrain privé mais la commune est directement concernée par l’entretien de la voirie et elle n’a pas à le prendre en charge ». Ajoutons à cela les nuisances qui peuvent en découler. Pour les riverains, c’est aussi une dévalorisation de leurs biens immobiliers et pour le village, une image écornée du label « Plus beau village de France ». Denis Marty souhaite qu’un autre site soit trouvé pour travailler au bien vivre ensemble dans un climat plus apaisé.

 

Bernard Ducros joint par téléphone répond : « On continue. Beaucoup de contrevérités. On est dans la réglementation. Les études ne sont pas terminées. On ne peut bloquer une activité agricole pour un problème de voirie. On peut trouver des solutions pour que la commune ne supporte pas seule les frais ».

D’autre part une délégation du collectif qui s’est créé à Rosières a rencontré des membres du collectif de Monestiés et de l’association Cégaïa. Le collectif de Rosières partage les mêmes inquiétudes : difficultés et dangerosité induite par les transports, dégradation des voiries, dévalorisation des biens immobiliers, nuisances de divers ordres. Il va mener une action de sensibilisation auprès de la population de la commune et a déjà lancé une pétition sur internet.

Alain Astié, maire de Rosières, a indiqué de son côté que la commune ne participerait pas à l’entretien de la voie d’accès. Le débat va maintenant se poursuivre à la communauté de communes Carmausin Ségala (3CS).

Affaire à suivre.